Assurance IARD
Le climat est devenu un critère d'achat immobilier.
Après un été de canicules et d'incendies, un Français sur cinq songe à changer de logement. Confort d'été, argiles, assurabilité : quatre vérifications à faire avant de signer, avec des outils publics et gratuits que presque personne n'utilise.
Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été depuis 2021. Presque personne ne le sait, et pour une raison simple : l'indicateur ne figure pas sur l'étiquette colorée de A à G, celle que reprennent les annonces. Il est relégué en page 2, sous la forme d'un pictogramme à trois niveaux, bon, moyen ou insuffisant.
La conséquence est spectaculaire. Selon l'analyse de la base DPE de l'Ademe conduite par Pouget Consultants et IGNES, publiée en juin 2026 sur près de neuf millions de diagnostics, un logement sur dix seulement présente un confort d'été satisfaisant. Environ un sur deux est une « bouilloire thermique ». Et un tiers des logements classés A ou B ont un confort d'été insuffisant, soit des passoires à l'envers.
L'indicateur mesure le confort passif, c'est-à-dire l'inertie du bâti, le fait que le logement soit traversant, l'isolation de la toiture, les protections solaires des ouvertures, les brasseurs d'air. La climatisation n'entre pas dans le calcul. Le premier facteur de surchauffe identifié est l'absence de protections solaires extérieures, soit l'élément le moins coûteux à corriger.
Le ministre du Logement a annoncé le 16 juillet 2026 la création d'une lettre dédiée au confort d'été, aussi visible que l'étiquette énergie. Aucun arrêté n'est publié à ce jour.
Trente secondes sur Géorisques
Le portail Géorisques, édité par le ministère de la Transition écologique et le BRGM, permet de saisir une adresse et d'obtenir la liste des risques auxquels elle est exposée : inondation, feu de forêt, séisme, retrait-gonflement des argiles, radon, sites pollués, installations classées. C'est gratuit et immédiat.
L'information est aussi une obligation. Depuis le 1er janvier 2023, le vendeur ou le bailleur doit informer sur les risques dès l'annonce immobilière. L'état des risques et pollutions, valable six mois, doit être remis dès la première visite, puis annexé au compromis comme au bail. En cas d'omission volontaire ou de fausse information, l'acquéreur peut demander au tribunal la résolution du contrat ou une diminution du prix. Depuis 2025 s'y ajoutent les obligations de débroussaillement pour les biens situés à moins de 200 mètres d'une zone boisée à risque. Rappelons que 90 % des maisons détruites par un feu de forêt se trouvaient sur un terrain mal débroussaillé.
Les argiles, le risque que personne ne regarde
Le retrait-gonflement des sols argileux fissure les maisons individuelles au gré des sécheresses et des réhydratations. Peu médiatisé, il vient pourtant de changer d'échelle. Un arrêté du 9 janvier 2026, applicable aux actes conclus depuis le 1er juillet, a redessiné la carte d'exposition : 55 % du territoire métropolitain est classé en exposition moyenne ou forte, contre 48 % auparavant, et 12,1 millions de maisons individuelles sont concernées, soit 61,5 % du parc.
Le coût suit la même pente. Ce péril représente 42 % des sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles, pour une facture passée d'environ 375 millions d'euros par an sur 1995-2015 à près de 1,5 milliard sur 2018-2022. Le sinistre moyen s'établit à 16 500 €.
En zone d'exposition moyenne ou forte, une étude géotechnique préalable est obligatoire à la vente d'un terrain constructible non bâti. Pour une maison existante, rien n'est imposé. À l'acheteur de demander.
Ce que le prix ne dit pas encore
Le DPE, lui, se voit déjà dans les prix. Selon l'étude des Notaires de France sur les transactions 2024, une maison classée G se vend 25 % moins cher qu'une maison équivalente classée D, une classée E 9 % de moins. Pour les appartements, l'écart va de +16 % en classe A à −12 % en classe G. Les notaires en tirent une règle empirique : une classe énergétique en moins, environ 8 % de valeur en moins pour une maison.
Le risque climatique, lui, se capitalise très mal. La seule étude publique consolidée, réalisée par le ministère en 2015 sur le risque d'inondation, en donne l'explication. Le régime des catastrophes naturelles repose sur une surprime uniforme, identique partout et quel que soit le niveau d'exposition. Un bien risqué n'est donc pas plus cher à assurer qu'un bien sûr, et le marché n'intègre pas le risque dans le prix. Cette surprime est passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, ce qui explique l'essentiel de la hausse de 7,8 % des cotisations habitation constatée la même année, pour une prime moyenne de 323 € hors taxes.
L'acheteur ne peut donc pas compter sur le prix pour l'alerter. Il doit vérifier lui-même.

